mercredi 3 mars 2010

A single man


Réalisateur : Tom Ford

C'est simplement l'aboutissement du cinéma en tant qu'art. Si le scénario n'est pas très compliqué : 24h de la vie d'un homme homosexuel détruit par la perte de son grand amour; le film n'en a pas besoin. Effectivement, c'est un film sur l'esthétisme, ou les émotions sont transmis par la beauté. Colin Firth devient enfin un Grand acteur grâce à ce rôle, ce qui lui va beaucoup mieux que de jouer dans son registre habituel (la comédie). Certainement un des meilleurs films que j'ai vu.

mardi 2 mars 2010

Shutter Island


réalisateur : Scorsese


En 1954, le marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule sont envoyés enquêter sur l'île de Shutter Island, dans un hôpital psychiatrique où sont internés de dangereux criminels. L'une des patientes, Rachel Solando, a inexplicablement disparu. Comment la meurtrière a-t-elle pu sortir d'une cellule fermée de l'extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre cohérente d'une malade, ou cryptogramme ?

Un véritable choc visuel. Scorsese fidèle à lui-même signe un film très violent, à la fois dans les émotions, dans des images très vives, dans le rythme. On ressort de la salle complètement lobotomisé, vidé, il est difficile de savoir ce qu’est la bonne conclusion, c’est surement une des forces du film. Seul ceux qui suivent le cinéaste depuis des années peuvent trouver, par quelques indices, ce qu’est la trame de l’histoire. Leonardo Di Caprio est captivant, au delà de jouer, il incarne la dualité du personnage avec brio. Une des merveilles cinématographiques de ce début d'année. 10/10

A serious man


réalisateur : les frères Cohens


1967. Larry Gopnik, professeur de physique dans une petite université du Midwest, vient d'apprendre que sa femme Judith allait le quitter. Elle est tombée amoureuse d'une de ses connaissances, le pontifiant Sy Ableman. Arthur, le frère de Larry, est incapable de travailler et dort sur le canapé. Danny, son fils, a des problèmes de discipline à l'école hébraïque, et sa fille Sarah vole dans son portefeuille car elle a l'intention de se faire refaire le nez. Pendant ce temps, Larry reçoit à la fac des lettres anonymes visant à empêcher sa titularisation, et un étudiant veut le soudoyer pour obtenir son diplôme. Luttant désespérément pour trouver un équilibre, Larry cherche conseil auprès de trois rabbins. Qui l'aidera à faire face à ses malheurs et à devenir un mensch, un homme bien ?

Bouleversant, on regrette que le rapprochement au judaîsme soit omniprésent ce qui empêche les émotions de passer et fait de ce film une déception par rapport à ce qu’on peut attendre de ces deux réalisateurs. Néamoins on ressent la tendresse qu'ils portant à leur personnage, puis visuellement le film est une réussite. De plus, l’humour très particulier, est disséminé par petites touches pour ne pas sombrer dans le pathos. En conclusion, un film presque uniquement réservé aux initiés, du pur cohen. 6/10

lundi 25 janvier 2010

Le bal des actrices


réalisatrice : Maïwenn

Une jeune réalisatrice veut faire un documentaire sur la vie des actrices, elle veut filmer tout pour montrer leurs vrais visages. Mais elle va vite être dépassée par ces femmes manipulatrices et sensibles à la fois.

Incontestablement une réussite. Le casting montre un panel des actrices françaises, toutes plus éblouissantes les unes que les autres. Les parties chantés bien que kitch sont appréciables car composés par Biolay, Anaïs, Nina Morato.. On ne peut que penser à un 8 femmes moderne, avec des actrices qui jouent leurs propres rôles,leurs donnant un jeu étrangement intègres puisqu'il ne faut pas oublier que ce n'est pas un documentaire. En effet les images prises sur caméra sur l'épaule semblent être la vraie vie des actrices mêlées à la vie de Maïwenn; cette ambiguïté dans la réalisation est d'ailleurs devenue sa signature. Joey starr est à l'opposer de lui même, père attentif et maris aimant, il devient touchant. Drôle, bouillonnant d'émotions, frais, ce film redonne vie au cinéma français. 9/10

Bliss


réalisatrice : Drew Barrymore

Bliss Cavendar veut fuir sa petite ville natale, sa mère l'oblige à faire des concours de beauté, mais Bliss a d'autres ambitions. Elle découvre le roller derby, un sport où des filles complètement libérées à l'attitude et au look rock'n'roll patinent en se donnant des coups pour éliminer leurs rivales. Acceptée dans l'équipe des Hurl Scouts, elle va mener une double vie, la journée elle jongle entre son boulot dans un fast food, ces concours de beauté et le lycée puis la nuit elle devient Barbie Destroy lorsqu'elle rejoint son équipe de roller. Mais la vérité finira par éclater, et elle devra faire les bons choix pour avoir la vie qu'elle souhaite sans pour autant négliger les autres.

Pour son premier film Drew Barrymore oppose le milieu sage et propre des concours de beauté au milieu sex drogue et rock'n'roll du roller derby. Si cette idée de base est bonne, elle ne va pas au bout, effectivement les filles débauchés ne le sont pas tant que ça, on s'attendait à des corps à corps durant les matchs, mais seuls quelques filles sortent de la piste et la caméra se focalise toujours sur Bliss. Une réalisation bien calme pour un film qui se veut violent. Cependant on passe un agréable moment grâce à l'énergie qui de dégage des actrices, surtout de Drew Barrymore, on aurait aimés voir plus ces filles lorsqu'elles sont dévergondés derrière le bar plutôt qu'à tourner en rond sur une piste avec des rollers. Voulant peut être ne pas en faire trop, elle ne tente rien d'audacieux, et fait de ce film une déception. 6/10

samedi 23 janvier 2010

Gainsbourg, une vie héroïque.


réalisateur : Joann Sfar

Hommage lyrique et sensible à une icône intemporelle, Gainsbourg nous transporte dans un univers où au biopic traditionnel se mêle un onirisme et un surréalisme parfois déroutant. Entre retranscription fidèle et initiatives du réalisateur, le film envoûte d’abord par un casting extrêmement talentueux. Apportant sa touche personnelle au récit, Joann Sfar vient introduire dans son premier film un monde qui est initialement le sien, celui de la bande dessinée, à travers le personnage de Gainsbarre. Ainsi le novice en matière de réalisation n’a absolument pas raté son coup d’envoi, avec un esthétisme prononcé et une maîtrise apparente. Rythmé par les plus grands succès du poète, les amoureux de l’homme à la tête de choux se raviront, d’autant que les acteurs interprètent eux-mêmes à merveille les chansons. Véritable retour au cœur des années Gainsbourg. 9/10

S.

mardi 19 janvier 2010

Cracks


réalisatrice : Jordan Scott

Dans un pensionnat de jeunes filles loin de tout, Di et ses amies essaient de continuer à profiter de leur enfance ou adolescence même si leurs familles les a plus ou moins rejetées. Elles idolâtrent Miss G, leur professeur de plongée, une très belle femme complètement libérée, qui leurs raconte ses voyages, et leur explique ce qu'est la vie. Mais l'arrivée de Fiamma, nouvelle élève d'Espagne, va tout changer. En effet, cette fille adepte de liberté n'est pas du tout fascinée comme les autres par Miss G, celle-ci veut alors s'attirer ses faveurs mais sans succès. S'en suit un enchainement d'évènements où les jeunes filles perdront leurs innocences.

Des images très cinématographiques alliés à une tension sexuel malsaine rendent ce film séduisant. De plus, les jeunes actrices sont prometteuses, surtout Maria Valverde (Fiamma). Cependant Eva Green surjoue sa folie, même si elle est plus envoutante que jamais. Le sujet est vus et revisité, mais l'introduction de la perte de l'innocence comme axe principal fait que celui ci devient captivant. Si de nombreux défauts viennent gâchés l'esthétique du film, Jordan Scott reste une cinéaste à suivre. 6.5/10